Familles, professeurs, collectivité territoriales, éducation populaire, sport et culture : retour sur les auditions de la session 2
Les temps scolaires ne peuvent pas être pensés sans les familles et les parents
Plusieurs représentants des familles et parents d’élèves se sont exprimés devant la Convention citoyenne.
L’Union Nationale des Associations Familiales (Unaf) est venue devant la Convention citoyenne pour porter la voix des familles. L’Unaf est une union de fédérations d’associations familiales qui regroupe 72 fédérations nationales.
Marie-Chantal Lardière, Présidente du département éducation et jeunesse et Jean-Philippe Vallat, Directeur des politiques et actions familiales de l’Unaf ont partagé les inquiétudes des familles qui s’expriment dès lors que l’on parle d’organisation des temps :
« Les indicateurs de conciliation entre vie familiale et vie professionnelle se dégradent fortement en France. Aujourd’hui les parents estiment ne pas avoir assez de temps, et les enfants le disent aussi ».
Enfin, sur le sujet plus spécifique des temps scolaires, Jean-Philippe Vallat insiste :
« Les temps scolaires ne peuvent pas être pensés sans les familles. Si l’on conçoit des réformes, il faut consulter toutes les parties prenantes, les familles, mais aussi les partenaires sociaux… Sinon, on rate quelque chose. »
Emmanuel Garot, Président de la Fédération des Parents d’Elèves de l’Enseignement Public (PEEP) a été entendu par la Convention citoyenne avec les acteurs représentants les familles et les parents d’élèves.
« Nous sommes présents dans les établissements à travers des associations de parents d'élèves, mais aussi au niveau départemental et académique. »
La Fédération PEEP « aborde des sujets qui ne relèvent pas strictement de la vie des établissements, des familles, des élèves et des enseignants, mais aussi à ce qui relève de politiques plus globales. »
Cédric Legrand est le trésorier national de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE), devant la Convention citoyenne il a précisé son rôle :
« J’aide les conseils locaux dans les villes, les collèges, les lycées. Ces conseils locaux sont représentés au Département par le conseil départemental et les conseils départementaux sont représentés au national par la Fédération nationale [...] Nous proposons aussi des activités annexes : bourse aux fournitures, bourse aux livres.»
La question des temps de l’enfant doit s’articuler autour des inégalités scolaires
Plusieurs représentants des personnels de l’Education nationale se sont exprimés devant la Convention citoyenne.
Sophie Vénétitay, secrétaire général du Syndicat National des Enseignements de Second degré (SNES-FSU) et Aurélie Gagnier, porte-parole et co-secrétaire générale du Syndicat National Unitaire des Instituteurs, Professeurs des Écoles et PEGC, affilié à la FSU (FSU-SNUipp) sont à la tête des deux syndicats majoritaires dans le public. Pour elles :
« Il faut un projet pour l’Ecole, les élèves et les personnels : faire de l'Ecole un levier pour lutter contre les inégalités, scolaires, sociales et économiques. Il ne faut pas rendre l’école responsable des affaiblissements des autres temps de l’enfant. Au contraire, c'est en renforçant le rôle de l'école que l'on peut permettre une culture commune de tous les élèves, qui est un levier pour lutter contre les inégalités. »
Morgane Verviers, secrétaire générale de l'UNSA-Éducation et Yannick Kiervel, référent national écoles du Syndicat des enseignants UNSA (SE UNSA) ont expliqué que l’UNSA-Éducation c’est en réalité 23 syndicats qui couvrent des champs très larges : « cette diversité de métier nous permet d'entourer les temps de l'enfant du premier degré jusqu'à l'enseignement supérieur. »
Pour l’UNSA, plusieurs priorités sont importantes :
« Réfléchir à l'organisation, à la complémentarité des temps de l''enfant c'est un enjeu d'égalité. L'école publique contribue à l'émancipation individuelle et collective et à construire la société de demain. Nos revendications sont portées dans une ambition plus large de réfléchir à la mission de l'école publique. »
Caroline Pascal, Directrice générale de l’enseignement scolaire a défini les missions de la DGESCO, auditionnée avec les représentes des personnels de l’Education nationale : La DGESCO définit le cadre réglementaire sur l'ensemble de la scolarité pour l'ensemble des élèves sur l'ensemble du territoire. Elle définit les objectifs d'apprentissage que les élèves doivent atteindre à l'issue du primaire, du collège et du lycée.
« Sur le temps de l'enfant nous avons un cadre règlementaire que nous définissons : le cadre de l'année, le temps de la semaine scolaire, l'obligation de service règlementaire des enseignants, le temps de la journée. Nous posons le cadre, un cadre général qui est ensuite décliné. »

Pour Caroline Pascal, trois enjeux forts émergent autour de la question des temps de l’enfant : celui des apprentissages, celui de l’égalité et celui de l’organisation et de l’accès (transports, restauration scolaire).
Il faut remettre le sens politique partout, notamment dans l’éducation
Plusieurs représentants des collectivités territoriales se sont exprimés devant la Convention citoyenne.
Gabriel Fraga, Vice-président de l’Association nationale des Directeurs et Directrices et des cadres de l’Education des Villes et des collectivités territoriales (ANDEV) et Emilie Kuchel, Présidente du Réseau Français des Villes Educatrices (RFVE) ont partagé devant à la Convention citoyenne une conviction commune :
« Faire de la politique c’est travailler sa ville, son territoire. Il faut remettre le sens politique partout. L’éducation ça fait 20 ans que l’on n’en parle plus, il faut changer ça. »
Pour Gabriel Fraga, l’ADN même de l’ANDEV est de viser à la réussite éducative de l’enfant. Pour cela, il faut créer du commun et du partage.
La question du budget est souvent revenue dans les questions des citoyennes et citoyens, pour Emilie Kuchel, « la réduction des budgets nous amène à porter un choix politique. Choisir d’investir dans l’éducation, c’est un choix politique. »

Une grande diversité des temps de l’enfant sont éducatifs
Plusieurs représentants de des acteurs de l’animation et de l’éducation populaire se sont exprimés devant la Convention citoyenne.
Sandrine Pellenz, secrétaire générale en charge de l'Éducation et du Numérique à la Ligue de l’Enseignement a défini l’éducation populaire comme : « apprendre autrement tout au long de la vie ». L’éducation dite populaire signifie qui s’offre à tout le monde.
Séverine Gest, Présidente du Comité de filière Animation et Louise Fenelon du Comité de filière Animation ont présenté le Comité : Le Comité de filière Animation, a pour objet de porter une feuille de route pour un renouveau de l’éducation des mineurs.
« Les temps de l’enfant sont multiples et variés. Il faut structurer les temps en fonction des moments de vie des enfants et en fonction de la journée, des vacances, de la semaine des années. »
Irène Pequerul, Déléguée générale des Francas explique « qu’une diversité des temps de l’enfant sont éducatifs ». Les Francas rassemblent des collectivités territoriales qui développent des politiques publiques locales éducatives.
« La manière dont on devrait structurer les temps de l’enfant doit viser à la réussite de tous les enfants et pose la question de la lutte contre les inégalités »
L’enfant doit être acteur de sa pratique sportive ou culturelle
Plusieurs représentants des acteurs du sport et de la culture se sont exprimés devant la Convention citoyenne.
Véronique Moreira, Présidente de l’Union sportive de l’enseignement du premier degré (UFSEP), a insisté sur la nécessité de rendre accessible le sport scolaire pour tous les enfants et de développer des ateliers sportifs sur les temps périscolaires et hors scolaire.
Carole Perdy, délguée départementale de l’Union Française des Œuvres Laïques d’Education Physique (UFOLEP) et Mustapha Boudjemai, directeur de la Confédération Musicale de France (CMF) ont tous deux indiqués la nécessité de renforcer la place des temps dédiés aux activités sportives et culturelles dans l’organisation des temps de l’enfant.
Crédits photos : Katrin Baumann / CESE