Atelier en Bourgogne-Franche-Comté
Chapô
Pendant tout l’été 2025, des ateliers territoriaux sont organisés dans le cadre de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant pour illustrer la diversité territoriale et examiner les spécificités liées aux lieux de vie. Un atelier a été organisé dans la région Bourgogne-Franche-Comté, à Dijon en Côte-d'Or.
Paragraphe(s)
Atelier multipartite à Dijon
Cet atelier s'est déroulé le 28 août 2025.
L’atelier a réuni 42 participants, dont 13 parents, 7 représentants d'établissements scolaires et de l'éducation nationale, 11 professionnel activités culturelles et sportives ou de centres de loisirs, 6 personnes de services de l'Etat et 5 élus.
Les participants venaient de l’ensemble du territoire de la Côte-d’Or, à la fois de Dijon et des zones plus rurales.
Qu'est-ce que ça veut dire de grandir en Côte-d'Or ?
En réponse à la question « qu’est-ce que ça veut dire grandir en Côte-d'Or », les participants ont mis en avant plusieurs points :
- Grandir en Côte-d’Or, c’est pouvoir profiter d’un environnement favorable, avec de nombreuses opportunités offertes par le territoire, notamment pour les activités physiques et sportives. Mais ces atouts se heurtent à des contraintes croissantes : le coût, les difficultés d’accès, le nombre de bénévoles et la lourde organisation que cela suppose pour les familles.
- Le sujet des mobilités a occupé une place centrale dans les échanges. Dès le collège, les temps de transport deviennent conséquents pour les enfants (jusqu'à 1h - 1h30 matin et soir). Pour les activités extrascolaires aussi, la mobilité reste un défi : il faut du temps, de l’argent et une organisation complexe, ce qui pèse particulièrement sur les familles monoparentales. Les contraintes sont renforcées par le transfert de compétence à la Région, qui applique ses propres règles. Cela entraîne des disparités selon les territoires. Certains enfants effectuent plus d’une heure de trajet matin et soir du fait de la diminution du nombre d’écoles et de leur regroupement.
- L’accès à la santé apparaît comme un autre sujet de préoccupation majeur. Les spécialistes sont concentrés sur Dijon, avec des délais de rendez-vous qui peuvent atteindre treize mois. Pour une simple consultation, les enfants doivent parfois manquer une demi-journée entière de cours afin de parcourir les distances nécessaires. Certains parents soulignent aussi des barrières culturelles qui rendent l’accès aux soins encore plus difficile.
- Beaucoup de participants ont évoqué le manque de disponibilité des parents comme des encadrants pour accompagner les enfants au quotidien (notamment pour assurer la réalisation des devoirs avant le retour au domicile), pris dans une compétition permanente entre les sollicitations du travail, de la vie familiale et des activités scolaires et extrascolaire.
- Certains participants soulignent aussi que les journées sont particulièrement longues, débutant à 7h30 et se terminant à 18h30, ce qui peut avoir un impact négatif sur les apprentissages. La durée des grandes vacances a également été pointée comme problématique : elle avantage les familles qui peuvent partir, mais laisse les autres dans la difficulté.
- L’offre périscolaire et extrascolaire (notamment eu égard aux enjeux de recrutements des animateurs) varie fortement selon que l’on est sur quatre ou quatre jours et demi d’école. Derrière ces différences, une même préoccupation revient : les enfants font déjà beaucoup, peut-être trop. « Le temps de l’enfant, c’est aussi le temps de ne rien faire », rappellent plusieurs voix, insistant sur la nécessité de préserver l’ennui, le repos et la réflexion.
- La question climatique a également été abordée. Les épisodes de canicule rendent les apprentissages plus difficiles et appellent à repenser l’organisation des temps scolaires et extrascolaires, mais aussi l’aménagement des équipements pour mieux répondre à ces nouvelles réalités.
- Plusieurs participants ont alerté sur une tendance à faire grandir trop vite les enfants, transformés en “adultes miniatures”. Ils insistent sur l’importance de l’apprentissage de la langue et du vocabulaire, sur la nécessité de réaffirmer un cadre éducatif clair — notamment en sanctuarisant l’autorité de l’enseignant et du principe de laïcité — et sur l’importance de respecter les étapes de maturation de l’enfant. Ils rappellent que les enfants ne sont pas uniformes et que leurs profils nécessitent une prise en compte différenciée.
- Enfin, un constat ressort des échanges des élus présents : toutes ces évolutions représentent une charge financière considérable, que les collectivités ne peuvent assumer seules. La contribution de l’État doit être renforcée pour soutenir les territoires dans l’adaptation aux besoins des enfants et des familles.
Retour sur l'atelier en dessins

Pour aller plus loin