Atelier dans le Centre-Val de Loire
Atelier avec des enfants à Puiseaux
Cet atelier s'est déroulé le 28 août 2025.
L’atelier « voix de l’enfant » de Puiseaux a réuni 17 enfants (8 filles et 9 garçons), âgés de 7 à 11 ans, scolarisés du CP au CM2.
Il s’est tenu dans un centre de loisirs, réunissant deux groupes d’enfants différents, sur un format d’1h30 comprenant un temps de présentation, une description de la journée type et un élargissement aux propositions à adresser au Président de la République.
Quel est le moment préféré de la journée ?
À la question « quel est ton moment préféré de la journée, et pourquoi ? », les enfants évoquent surtout l’école, les moments passés avec leurs amis et les récréations. Certains apprécient aussi des matières comme les mathématiques ou l’écriture, ou le fait de pouvoir travailler en groupe. D’autres mettent en avant les temps à la maison, comme la fin de l’école, être seul ou regarder les écrans. Quelques enfants disent ne pas aimer le matin, jugé trop difficile, et trouvent les récréations trop courtes, parfois accaparées par les garçons qui monopolisent les ballons.
En racontant leur journée type, les enfants décrivent des réveils très précoces (parfois dès 6h), souvent accompagnés de fatigue, voire d’énervement. Certains mentionnent aussi un sommeil perturbé par les pleurs de frères et sœurs plus jeunes.
Le matin à l’école est vécu de façon contrastée : certains apprécient la récréation ou leur maîtresse, d’autres trouvent les cours trop longs ou peu intéressants, voire s’endorment en classe.
La cantine fait l’objet de nombreuses critiques : repas jugés trop simples, pas bons ou froids, parfois frustrants car différents de ce qui est affiché, même si certains disent aimer certains plats comme les pâtes ou les épinards.
L’après-midi est décrit comme un moment de fatigue et de saturation, avec cependant des points positifs comme le sport et la récréation.
Après l’école, les temps de loisirs (foot, handball, tennis, piscine, pêche, théâtre) sont vécus comme des moments très positifs, de même que le goûter ou le temps tranquille à la maison. Le repas du soir en famille est souvent apprécié, associé à la convivialité et à la discussion.
Les enfants ont formulé plusieurs demandes
Lors du temps de propositions, les enfants formulent plusieurs demandes fortes.
- D’abord sur le rythme scolaire, jugé trop long et trop chargé : ils souhaitent des journées plus courtes, davantage de vacances (ou moins, pour certains), et surtout plus de sommeil. Ensuite sur les récréations, qu’ils trouvent trop brèves, et pour lesquelles ils demandent plus de temps et une meilleure surveillance pour limiter les bagarres.
- Sur les apprentissages, ils réclament plus d’arts visuels et plastiques, plus d’histoire, moins de mathématiques, et des méthodes pédagogiques plus motivantes et justes (rejet des punitions répétitives par lignes à recopier).
- Sur la cantine, ils souhaitent de meilleurs repas, moins de légumes imposés, et plus de plats « bons » (wraps, burgers).
- Ils insistent aussi sur le bien-être à l’école, avec la demande de salles de repos pour les enfants fatigués et d’une présence médicale effective à l’infirmerie.
- Enfin, ils abordent la question des loisirs et du coût de la vie, en souhaitant davantage d’accès aux écrans et aux téléphones (même si ce point suscite débat), et en dénonçant le prix trop élevé des jouets, souvent inaccessibles pour leurs familles.
Au total, les enfants mettent en avant cinq grandes priorités :
- Alléger et mieux adapter le rythme scolaire, pour tenir compte du sommeil et de la fatigue ;
- Allonger et mieux encadrer les récréations ;
- Rendre les apprentissages plus variés, intéressants et justes ;
- Améliorer la cantine et le bien-être à l’école ;
- Donner plus d’accès aux loisirs, aux écrans et à des jouets abordables.
Retour sur l'atelier en dessins

Atelier multipartite à Puiseaux
Cet atelier s'est déroulé le 28 août 2025.
L’atelier a réuni 21 participants (majoritairement des femmes) : parents, professionnels de l’enfance et de la jeunesse (structures de garde, animation, bibliothèques), une responsable handicap, une sophrologue, un professeur et une membre du CESER.
L'atelier portait sur les réalités de grandir dans le Nord Loiret (Puiseaux, Malesherbes, Beaune-la-Rolande), territoire rural aux atouts reconnus mais soumis à des contraintes fortes de mobilité et d’accès aux services.
Qu'est-ce que ça veut dire de grandir dans le Loiret ?
En réponse à la question « qu’est-ce que ça veut dire grandir dans le Loiret », les participants ont mis en avant plusieurs points :
- Beaucoup soulignent un choix assumé de la ruralité : « les enfants sont moins stressés », bénéficient d’une proximité avec la nature et d’un tissu associatif dynamique (école, bibliothèque, sport), avec « un élan de vouloir bien faire ». Pour autant, vivre à la campagne ne garantit pas un véritable lien avec la nature : certaines familles restent peu mobiles et l’accès culturel demande souvent de longs déplacements.
- Les difficultés sont convergentes. D’abord la mobilité : transport public limité et coûteux au kilomètre, trajets longs et contraints (parfois un seul bus matin/soir), nationales à traverser pour voir les amis. La position « entre deux » du Loiret (limitrophe d’autres régions, proche de l’Île-de-France sans en avoir les avantages) accentue le sentiment d’iniquité sociale et de réseau scolaire restreint. Le passage au lycée est identifié comme un moment critique : options limitées, affectations contraintes (Pithiviers), recours à l’internat coûteux, stratégies d’adresse, et une projection post-bac jugée fragile. Beaucoup de familles arrivées après le Covid repartent au bout de 18 mois, invoquant le coût cumulé des transports et des soins et une mobilité moindre qu’en Île de France.
- Les rythmes de vie pèsent sur les enfants : des parents qui travaillent loin (« un 35 h pour les parents, c’est un 55 h pour les enfants »), d’où des amplitudes de garde très larges (7h–19h) et des services périscolaires jugés encore trop courts au regard des horaires réels de retour (jusqu’à 22h).
- Les structures (centres de loisirs, cantine à 1 €) offrent des opportunités auxquelles les familles n’auraient pas accès seules, mais peuvent aussi substituer des temps parent-enfant. Le lien école-familles est à renforcer : ateliers parentalité peu fréquentés, « école vécue comme une institution qui s’impose », peu de rencontres directes avec les enseignants. Plusieurs participants demandent des lieux-passerelles et un accompagnement à la parentalité plus accessible.
- Sur le handicap et les besoins particuliers, le constat est clair : moyens humains insuffisants, AESH en nombre et en formation limités, places et dispositifs spécialisés trop rares ; la PCO aide mais la prise en charge durable reste difficile, avec des soins qui empiètent sur le scolaire.
- Plus largement, l’accès aux soins est tendu : crèches saturées et horaires rigides, manque de spécialistes, délais longs.
- À l’échelle sociale, les participants pointent un repli de l’engagement et une sociabilité fragilisée, d’où l’intérêt de tiers-lieux (bibliothèques, centres sociaux) et d’offres itinérantes pour aller vers les familles.
Au total, cinq priorités se dégagent :
- Mieux accorder le rythme de la société au rythme biologique des enfants (journées, devoirs, pauses, chaleur) ;
- Soutenir la parentalité et renforcer les liens école-familles (présence, information, lieux-passerelles) ;
- Améliorer l’inclusion des enfants en difficulté/handicap (moyens, formation, continuité des soins) ;
- Réduire la contrainte des transports (offre, horaires, sécurisation, solutions itinérantes) et ouvrir des perspectives au lycée/post-bac ;
- Valoriser les atouts locaux (nature, culture, sport, vie associative) tout en corrigeant les inégalités d’accès (soins, coûts, mobilité), avec l’idée portée par plusieurs d’un « Quartier prioritaire de la ruralité » pour reconnaître la spécificité des besoins.
Retour sur l'atelier en dessins
