Ateliers en Bretagne

Chapô
Pendant tout l’été 2025, des ateliers territoriaux sont organisés dans le cadre de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant pour illustrer la diversité territoriale et examiner les spécificités liées aux lieux de vie. Deux ateliers ont été organisés dans la région de Bretagne, à Rennes en Ille-et-Vilaine.
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Atelier avec des enfants à Rennes

Cet atelier s'est déroulé le 26 août 2025.

 

L’atelier « voix de l’enfant » de Rennes a compté 7 filles et 3 garçons. 5 enfants de 10 ans et 5 de 11 ans. 

L’atelier se tenait au centre des Gayeulles à Rennes, qui a la particularité d’être un centre de loisirs « pour les grands », où les enfants choisissent leur activité au jour le jour. Le centre est situé à la périphérie de Rennes et regroupe les enfants de plusieurs sites. 

Les enfants présents se connaissaient entre eux pour certains, et ils avaient choisi de participer, en partie parce qu’ils avaient compris « qu’on allait parler d’actualité ».  

 

Quel est le moment préféré de la journée ?

A la question « quel est ton moment préféré de la journée, et pourquoi ? », ils ont répondu l’école, notamment : le breton, l’anglais, dessiner, écouter de la musique, faire des farces, notamment avec les maîtresses. Mais aussi le moment du soir à la maison. 

Au global, ils disent aimer l’école, chacun avec leur matière préférée. Plusieurs aiment beaucoup regarder les actualités enfants d’Arte en classe : « on regarde les actualités pour les enfants et on nous les explique ».  

Qu'est-ce que ça veut dire de grandir à Rennes ?

En réponse à la question « comment c'est de dire grandir à Rennes », les enfants ont répondu que vivre « en bordure de ville » c’est le bruit, les voitures, les dangers de l’espace public, qui pour eux s’associe au « fric » / à la drogue, aux adultes « bizarres », aux violences à la sortie de l’école des plus grands envers les plus jeunes. Ils comparent à la campagne : ils y voient plus de liberté, mais aussi se disent qu’il y est sans doute plus difficile de se déplacer.

Pour raconter leur journée, ils ont beaucoup parlé de l’école, dans un contexte où ils faisaient leur rentrée la semaine suivante. Ils ont décrit des journées chargées, marquées par la fatigue, en particulier le matin et en début d’après-midi. 
En particulier, une petite fille a écrit sur sa planche à plusieurs reprises « fatigue du cerveau », et y a dessiné une jauge de fatigue qui se remplit au fur et à mesure de la journée, aussi des cerveaux enflammés ou avec de la fumée.

Ils étaient tous, sauf une petite fille, à l’étude le soir. L’étude est décrite comme « une prison », où ils n’ont le droit de ne rien faire : « à l’étude, on ne peut pas bouger, si on parle ou si on bouge au bout de 3 fois c’est l’avertissement ». 

4 enfants (sur les 10) ont des téléphones, mais avec un usage limité, notamment aux apprentissages (Duolingo et maths, musique, histoire…), et avec contrôle parental. 

Ils racontent beaucoup de disputes entre filles et garçons et de la violence. Sur leurs planches, plusieurs colorient le petit garçon et la petite fille au centre de la planche, y mettent des emoticons (diables, colère, fatigue, joie, …) pour marquer la différence.  

 

Les enfants ont également formulé plusieurs demandes :

  • Des salles de classes mieux climatisées : « plus de climatisation dans les classes, on a l’impression d’être un poulet rôti quand il fait très chaud ».
  • L’équité sous de diverses formes : entre élèves, avec l’uniforme – « ça évitera les crops tops », 7 enfants sur 10 sont d’accord – ; entre les élèves et les maitresses – pas de favoritisme, la même intensité de devoirs pour tous – ; entre les matières scolaires – équilibre des temps passés sur chaque matière – ;  
  • Plus de sport, d’arts plastiques, de jeux ;  
  • Des cours de récréation plus grande, avec plus d’espaces de jeux, ouverte à tous ;  

 

Retour sur l'atelier en dessins
 

 

 

Atelier multipartite  à Rennes

Cet atelier s'est déroulé le 26 août 2025.

L’atelier a réuni 24 participants dont  1 parent, 7 représentants d'établissements scolaires et de l'éducation nationale, 6 professionnel activités culturelles et sportives ou de centres de loisirs, 10 représentants de la ville et de la métropole.

Les participants venaient de Rennes, des territoires limitrophes au sein de la métropole, des quartiers prioritaires, et de zones urbaines. 

 

Qu'est-ce que ça veut dire de grandir à Rennes ?

En réponse à la question « qu’est-ce que ça veut dire grandir à Rennes », les participants ont mis en avant plusieurs points :  

  • Rennes est une ville riche de variété d’offres pour les enfants et de « mixité » des activités proposées : une ville urbanisée mais au vert « Grandir à Rennes, c’est grandir dans un mixe entre ville et campagne », dotée de politiques en faveur de la jeunesse : « C’est grandir dans un environnement mixte au niveau des publics, dans des écoles dynamiques avec beaucoup d’enfants et avec une ville qui propose des offres dédiées aux 3-18 ans ».
  • L’accès à ces opportunités dépend néanmoins des chances dont bénéficient les enfants : « Rennes est un grand terrain de jeux pour les enfants, mais il faut avoir les moyens d’y accéder et être à égalité et comprendre comment y accéder ». « Dans les quartiers moins favorisés les enfants sortent moins, alors que dans les quartiers plus favorisés, les enfants sont plus poussés vers l’autonomie. ».  
  • Rennes apparaît comme une ville pédagogique, qui fait de l’enfance une de ses priorités : de nombreuses offres sont proposées, notamment pensées autour du lien avec les parents et de l’adaptation au plus petits « A Rennes, il y a des structures particulières (passerelles) qui accueillent des enfants tout petits pas encore prêts à être accueilli en classe. » ; « Il y a eu travail avec la ville de Rennes sur une charte de l’école maternelle. L’entrée c’est de suivre sa journée sur toute sa journée passée à l’école. En classe, pendant les temps de restauration … quels sont les besoins ? comment chacun des professionnels peut œuvrer à trouver une cohérence pour répondre aux besoins des enfants ? ». Les structures qui permettent d’organiser la coordination et l’unité pédagogiques existent depuis longtemps et font de Rennes une ville précurseur : « Dans mon école, je vois un vrai projet éducatif porté par la ville, qui fait le lien entre scolaire, périscolaire et extrascolaire » ; « Le Bureau des temps existe depuis plus de vingt ans : c’est une vraie spécificité rennaise ».
  • Des journées à rallonge pour les enfants, mais allégées quant aux temps de transport : « Le principe de la « ville du quart d’heure » est de faire en sorte que les enfants ne soient pas à plus de 15 minutes à pied de leur école de quartier ». « Un enfant qui a une carte de transports (métro et bus) à Rennes peut avoir accès à des activités sur d’autres territoires ». Néanmoins, les contraintes de parents dictent encore les rythmes des enfants, souvent au détriment du respect de leurs besoins ; « Pour certains enfants, la journée est interminable : le rythme imposé par la vie des parents les épuise.»
  • Même dans une « grande ville » comme Rennes, l’accès aux soins reste difficile, voire critique en matière de prise en charge du handicap. De moins en moins de places sont proposées, alors que les enfants sont présentés comme plus vulnérables et que des situations complexes émergent.
  • La question de la sécurité influence aussi l’autonomie des enfants : un sentiment de dégradation de la sécurité est relevé, notamment en lien avec le trafic de drogue, « les points de deal ont cumulé dans un périmètre de 300-400 mètres de chez moi, et très proche d’une école ». La question de l’adaptation de l’espace public aux enfants revient à plusieurs reprises. En parallèle, malgré le dynamisme évoqué supra, la mixité sociale et les rencontres s’érodent progressivement : « Il y a autant de diversité qu’avant, mais le mélange est devenu plus compliqué. » ; « J’ai vu des tours de 15 étages devenir quasiment homogènes culturellement : ça n’existait pas il y a 30 ou 40 ans. ». Les frictions voire la violence deviennent accrues, « on est de plus en plus confrontés à des situations de racisme entre jeunes », ce qui renforce le rôle crucial que doivent jouer les associations : « Dans mon quartier, il y a une vraie force de solidarité et d’associations… mais aujourd’hui elle est noircie par l’insécurité et les trafics. »

 

Quelques spécificités rennaises ont été mises en avant par les participants :

  • Un projet éducatif local structuré, incarné notamment par le Bureau des Temps, favorise une approche transversale et durable.
  • Une culture du dialogue et de la coopération entre acteurs éducatifs, renforcée par un tissu associatif dense.
  • Une offre riche mais inégalement mobilisée, nécessitant un accompagnement renforcé des familles.
  • Une vigilance accrue sur les enjeux de sécurité, de mixité sociale et de cohésion territoriale, dans un contexte de recomposition urbaine. 


Retour sur l'atelier en dessins

 

Pour aller plus loin