Ateliers dans le Grand Est
Atelier avec des enfants à Nancy
Cet atelier s'est déroulé le 29 août 2025.
L’atelier « voix de l’enfant » à Nancy a compté 13 participants : 8 filles et 5 garçons, de 8 ans (4), 9 ans (3), 10 ans (3) et 11 ans (3).
L’atelier se tenait en centre de loisirs et a réuni des enfants issus de quartiers urbains et de quartiers prioritaires de la ville.
Quel est le moment préféré de la journée ?
A la question « quel est ton moment préféré de la journée, et pourquoi ? », les enfants évoquent avant tout le besoin de se défouler et la fatigue de journées vécues comme longues.
Le moment de la sortie de l’école est particulièrement attendu, associé à la possibilité de retrouver les copains, d’aller au parc, de rentrer à la maison ou de pratiquer des activités sportives et culturelles. Plusieurs enfants mentionnent aussi la récréation et la cantine comme des temps appréciés, car ils permettent de « souffler » et de sociabiliser.
Le sport occupe une place importante : il est cité comme moment préféré de la journée (« je peux me défouler », « j’aime bien faire du cirque », « j’adore le sport »). Les activités extrascolaires sont nombreuses (basket, judo, natation, danse, tennis, arts martiaux, arts plastiques). Le week-end, les jeux vidéo prennent une place notable, parfois en lien avec les frères et sœurs (« je pique la PS5 de mon grand frère », « je joue avec mon père »), ce qui contraste avec la semaine davantage rythmée par l’école et les devoirs.
L’alimentation est très présente dans leurs propos. Certains disent aimer la cantine, mais beaucoup critiquent la qualité des repas, avec une mention récurrente de « Sodexo » jugé « pas bon ». Plusieurs enfants disent préférer manger à la maison, car ils peuvent « choisir » ou « mieux manger ». Le dîner du soir est unanimement apprécié comme un moment convivial et partagé en famille.
La fatigue traverse les récits de leurs journées : difficultés à se lever (« du mal à me réveiller », « je suis fatigué »), somnolence en cours, baisse d’énergie l’après-midi. Certains soulignent aussi un rythme soutenu par les garderies, perçues comme nécessaires mais parfois pesantes. À l’inverse, le soir est décrit comme un temps plus serein, mêlant repas familial, jeux vidéo, télévision, lecture ou activités calmes.
Les enfants associent fortement leur quotidien à des repères précis : la récréation, les repas (en particulier le soir), la présence de la famille et les activités sportives. Ils mentionnent aussi l’usage régulier des écrans (télévision, tablette, console, téléphone), plus marqué le week-end.
Qu'est-ce que ça veut dire de grandir à Nancy ?
Sur ce que signifie grandir à Nancy, deux visions apparaissent.
Certains décrivent une ville « grise », avec la circulation, le bruit et le manque de nature : « C’est grandir dans une ville avec de la circulation », « J’aime pas Nancy car il y a des bouchons », « C’est bruyant le soir ».
D’autres, au contraire, mettent en avant un privilège : « Grandir à Nancy c’est être heureux », « Pas beaucoup de gens ont la chance de grandir dans une ville et pas dans un village ». Quelques enfants insistent sur l’équilibre social perçu (« pas de grosses inégalités sociales, pas comme à Monaco »), ou encore sur une aspiration à « vivre en harmonie, vivre ensemble, être écolo ».
Nancy est vue à la fois comme une ville dense et contraignante et comme un lieu qui offre des opportunités et une certaine qualité de vie.
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Atelier multipartite à Nancy
Cet atelier s'est déroulé le 26 août 2025.
L’atelier a réuni 32 participants avec des parents (6), des établissements scolaires / professionnels de l’éducation Nationale (7), des professionnels – activités culturelles et sportives + centres de loisirs (8), des professionnels de santé (8) et des services de l’Etat (3).
Les participants venaient de Nancy.
Qu'est-ce que ça veut dire de grandir à Nancy ?
En réponse à la question « qu’est-ce que ça veut dire grandir à Nancy», les participants ont mis en avant plusieurs points :
- Rythmes et structuration des journées. Les participants soulignent que les journées des enfants sont particulièrement longues et fatigantes, certains passant « de 7h à 19h » à l’école ou au périscolaire. Les temps calmes sont rares et peu pensés, même si certaines écoles tentent d’instaurer des « temps libres encadrés », parfois critiqués par les familles. La question du rythme hebdomadaire revient également : beaucoup regrettent la suppression du mercredi matin, jugé très bénéfique (« on avait la qualité du samedi matin le mercredi matin »). Une expérimentation menée à Nancy, avec fin des cours à 15h et quelques vacances en moins, a montré des effets positifs en termes de fatigue et de concentration. Pour les adolescents, la question des horaires est particulièrement sensible : « ils ne devraient pas commencer avant 9h ».
- Santé, handicap et accès aux soins. Si la ville bénéficie de la présence d’un CHRU et de dispositifs de prévention dès la maternelle, l’accès aux soins reste difficile, notamment en santé mentale et pour les enfants en situation de handicap. Les délais d’attente sont très longs et contraignent parfois les familles à des solutions de contournement : « tant qu’on ne peut pas poser de diagnostic, on ne peut pas mettre en place d’accompagnement… alors on diagnostique un TDAH même s’il n’y a pas de troubles, juste pour débloquer une aide ». Les AESH sont jugés insuffisants, mal formés et souvent mutualisés, ce qui fatigue les enseignants et pénalise la classe entière. Les structures spécialisées comme les IME, UEMA ou UEA sont saturées, et certaines familles sont invitées à « laisser la place aux autres ». Dans ce contexte, des parents choisissent la Belgique ou le Luxembourg pour trouver un meilleur suivi, même si le résultat n’est pas toujours durable.
- Place et rôle des parents. La place des parents dans l’éducation et la vie scolaire est apparue comme un sujet transversal. Des initiatives existent pour les associer davantage : cafés des parents, moments conviviaux, dispositifs de soutien à la parentalité. Mais les acteurs relèvent des difficultés persistantes pour mobiliser certaines familles, avec des « parents qu’on ne voit jamais » ou qui délèguent trop à l’école et au périscolaire. Les enseignants décrivent un manque de consensus sur ce qui constitue le bien-être de l’enfant : là où eux adoptent une approche globale et éducative, certains parents demandent plus de singularité, parfois au détriment du collectif. Les structures de soutien aux mères isolées ou en burn-out sont précieuses, mais restent insuffisantes face aux besoins.
- Culture, sport et loisirs. Les participants ont insisté sur la richesse culturelle et associative du territoire. L’opéra, les NJP, la salle Poirel, les classes orchestres ou encore le CTEAC (Contrat territorial d’éducation artistique et culturelle) facilitent l’accès des enfants à la culture, y compris pour les familles modestes. « Grandir à Nancy, c’est bénéficier d’une offre culturelle riche et variée », résume un parent. L’offre sportive est également abondante : clubs, stages vacances, compétitions scolaires, infrastructures nombreuses et bien réparties. Toutefois, les inégalités d’accès demeurent, certaines familles ne pouvant assumer les coûts ou les contraintes horaires. Le manque d’activités psychocorporelles et la difficulté à respecter les trois heures d’EPS obligatoires sont aussi pointés.
- Mobilité et cadre de vie. La mobilité est largement saluée comme un atout du territoire. La gratuité des transports pour les moins de 18 ans et le week-end pour tous, la piétonisation autour des écoles et le développement du Vélostan renforcent l’autonomie des enfants et sécurisent leurs trajets. Ces dispositifs facilitent l’accès aux activités, même si des inégalités persistent pour les zones plus rurales. Le cadre de vie est également valorisé : « nous vivons dans un écrin de verdure ». Les écoles développent les cours en extérieur, la végétalisation des récréations, et des initiatives comme Nancy Plage ou les sports nautiques renforcent le lien avec la nature.
- Alimentation et vie quotidienne. La question de l’alimentation a fait l’objet d’échanges nourris. Des petits-déjeuners sont distribués dans certaines écoles, parfois discrètement, et des bons alimentaires sont remis aux familles en difficulté. Les parents sont invités à goûter les plats de la cantine, et la ville a engagé une réflexion pour changer de prestataires afin de proposer une alimentation plus équilibrée. La tarification sociale (cantine à 1 €, centres de loisirs à bas coût) est saluée comme un levier d’inclusion. Les constats sur le sommeil sont également partagés : la plupart des enfants dorment trop peu, un phénomène qui s’aggrave avec l’âge.
- Numérique et écrans. Le numérique est apparu comme une préoccupation croissante. Dès le CP, « la moitié de la classe a déjà un téléphone portable ». Les professionnels observent des troubles de l’attention, des difficultés de concentration et des retards de développement liés à la surexposition. Les parents eux-mêmes témoignent : « cela prend une place énorme dans nos vies parentales ». Certaines initiatives locales, comme le projet associant eSport et sport, cherchent à encadrer ces usages et à proposer des alternatives équilibrées.
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Atelier avec des enfants à Ligny
Cet atelier s'est déroulé le 29 août 2025.
de Ligny-en-Barrois a réuni 10 participants (6 filles et 4 garçons), âgés de 7 à 11 ans, scolarisés du CE1 à la 6e.
Quel est le moment préféré de la journée ?
À la question « quel est ton moment préféré de la journée, et pourquoi ? », les enfants évoquent principalement les repas (le déjeuner à la cantine, le petit-déjeuner) et le soir, perçu comme un temps de calme, de repos ou de tranquillité après une journée fatigante. Certains apprécient aussi le matin, quand ils peuvent prendre leur temps ou partager un moment avec leurs frères et sœurs, ainsi que l’après-midi, associé aux jeux et aux activités.
En décrivant leur journée type, les enfants parlent beaucoup de fatigue, notamment au réveil : « je me lève fatiguée ».
Le matin à l’école est vécu de façon contrastée : certains aiment les mathématiques ou la maîtresse, mais beaucoup jugent les cours ennuyeux, répétitifs ou trop contraints (dictées, écriture). L’après-midi est également marqué par l’ennui ou la lassitude, sauf lorsqu’il y a du sport ou de l’art plastique, moments largement appréciés.
La cantine suscite des avis partagés : certains disent aimer, d’autres trouvent les repas trop simples ou peu appétissants, même si des plats comme les pâtes, la purée ou les tartines au chocolat reviennent souvent comme préférés.
Après l’école, la télévision et la console (notamment la Switch) occupent une place importante, aux côtés de quelques activités sportives (motocross, foot, piscine) ou de moments familiaux (aider aux devoirs, goûter). Les devoirs sont souvent mal vécus, perçus comme fatigants ou tristes. Le soir est décrit comme un moment plus positif, associé au repas en famille, à la détente et à la télévision, bien que certains enfants disent se coucher tard, parfois vers 23h.
Lors du temps de partage sur les week-ends, les enfants évoquent surtout des activités calmes et domestiques : télévision, jeux vidéo, dessin, musique, jeux de société, films en famille. Certains aident aussi à la maison, en rangeant leur chambre ou en participant aux tâches ménagères. Les relations familiales sont mises en avant : aller chez le père un week-end sur deux, jouer avec un petit frère ou accompagner un parent au travail (exemple d’un enfant allant sur les chantiers avec son père couvreur). Des contraintes apparaissent également, comme l’interdiction d’inviter des copains à la maison.
Les demandes enfants
Les enfants formulent des demandes à plusieurs niveaux. Certains expriment une attention aux enjeux politiques et internationaux : inquiétude face à la guerre, « je ne veux pas qu’il déclare la guerre en France », mention de l’Ukraine ou de la Palestine, la question migratoire. D’autres demandes concernent directement leur quotidien à l’école : plus de temps de récréation (ou moins, pour un enfant), la possibilité de commencer les cours plus tard, ou un allongement du temps scolaire pour mieux gérer les retards. Le sujet des vacances divise : 3 enfants souhaitent les raccourcir, 6 veulent les garder telles quelles et 2 aimeraient les allonger. Enfin, plusieurs demandes très concrètes portent sur les loisirs et les équipements, comme l’installation d’un skatepark ou le maintien du pumptrack près de la piscine.
Au total, les enfants mettent en avant cinq grandes priorités :
- Adapter le rythme scolaire et mieux équilibrer les journées, jugées fatigantes ;
- Allonger ou réaménager les temps de récréation, perçus comme insuffisants ou mal organisés ;
- Mieux prendre en compte les repas, en valorisant les plats appréciés et en améliorant la qualité perçue de la cantine ;
- Favoriser les loisirs, à l’école comme en dehors, avec davantage de sport, d’art et d’équipements adaptés (skatepark, pumptrack) ;
- Écouter les préoccupations des enfants sur des sujets plus larges, y compris politiques et internationaux, signe de leur attention au monde qui les entoure.
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Atelier multipartite à Ligny
Cet atelier s'est déroulé le 29 août 2025.
L’atelier a réuni 14 participants avec 6 professionnels de l’éducation Nationale (7), 2 professionnels d'activités culturelles et sportives ou de centres de loisirs, 2 personnes des services de l’Etat et 4 élus.
Les participants venaient de territoires ruraux du nord de la Meuse.
Qu'est-ce que ça veut dire de grandir dans la Meuse ?
Une bonne partie des participants avaient grandi en Meuse et ont partagé leurs souvenirs d’enfance : la longueur des trajets, notamment à pied, l’éloignement de la ville. Ils ont fait le pont avec les enfants d’aujourd’hui : les enfants grandissent différemment, ils ont mis en place les écoles à 5 ou 7 classes, le fait d’être « dans le vert, dans le calme ».
En réponse à la question « qu’est-ce que ça veut dire grandir », les participants ont mis en avant plusieurs points :
- Ils ont mis en avant la chance de vivre en milieu rural : « la Meuse, c’est un petit département où vivre ensemble veut dire quelque chose. Il y a un monde associatif énorme. Les jeunes peuvent s’épanouir et vivre ensemble. ».
- Le tissu associatif / société civile est très vivant : il y a le conseil municipal des jeunes, 72 associations, des galas de danse, etc. Le sport occupe une place importante dans le quotidien des enfants. Il y a de nombreux clubs sportifs (même si bien qu'il y ait « beaucoup de clubs, faire 20 km reste coûteux en temps et en argent »). Un pump-track a été mis en place à Dugny, qui fédère les enfants et les adultes.
- Le territoire permet aux enfants d’acquérir très tôt une autonomie valorisée : « un enfant peut très facilement aller chercher le pain ou aller au sport ». Cette autonomie s’inscrit dans un environnement qualifié « d’atmosphère paisible », qui favorise le bien-être et la confiance.
- Le rapprochement entre enfants et personnes âgées est perçu comme extrêmement bénéfique. Les expériences de collaboration entre écoles et EHPAD sont qualifiées de « formidables », les enfants apportant beaucoup aux aînés et inversement.
- Les participants d’un des deux groupes sont revenus sur l’accusation, injuste à leurs yeux, de manque d’ambition des enfants. Une participante a rapproché cela des Quartiers Prioritaires où elle avait auparavant travaillé : elle retrouvait la même autocensure des enfants (« ça va couter trop cher à mes parents / je ne suis pas capable »).
- La ruralité offre un accès direct à la nature, sans avoir besoin de prendre la voiture, ce qui « a du sens ». L’aménagement des voies vertes en Meuse est salué comme une réussite, mais il est souhaité que ces dispositifs soient développés aussi en ville. Des trajets comme Ligny – Bar-le-Duc, réalisables en quinze minutes en trottinette électrique, pourraient bénéficier de tels aménagements si des investisseurs privés s’y engageaient. Enfin, l’organisation même des cours d’école joue un rôle dans le « bien vivre ensemble ».
- L’emploi du temps des enfants reste étroitement dépendant de celui des parents, de leurs savoir-faire et de leurs capacités. Certains parents disposent de temps libre mais manquent de connaissances ou d’envie pour en faire profiter leurs enfants. Des ateliers dédiés à la parentalité sont proposés pour aider les familles à mieux répondre aux besoins des enfants et à renforcer le lien éducatif. Le jeu libre est également souligné comme essentiel au développement, mais il tend à se réduire dans les organisations actuelles.
- En Meuse, la détection des troubles est jugée performante, mais la continuité et la durabilité des soins restent insuffisantes. La plateforme PCO TND de Verdun permet de diagnostiquer rapidement les enfants, mais les délais de prise en charge sont longs, faute de praticiens disponibles. Le manque de structures adaptées contraint certains enfants à être transportés loin de leur domicile ou placés dans des environnements inadaptés, ce qui crée une « double vulnérabilité ».
- Les associations souffrent d’un financement trop fragmenté, reposant sur une multitude d’appels à projets. Les participants dénoncent un véritable « saupoudrage » des financements. Beaucoup demandent davantage de concertation sur les objectifs fixés par les financeurs et des engagements pluriannuels (par exemple sur trois ans) pour évaluer réellement les résultats et permettre des progrès mesurables.
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