Barbara FOUQUET-CHAUPRADE
Barbara Fouquet-Chauprade est sociologue, Professeure en sociologie des politiques éducatives à l’université de Genève, où elle mène des recherches et enseigne. Ses travaux portent sur la ségrégation et les inégalités scolaires, leur production et leur reproduction, ainsi que sur le rôle de l’organisation scolaire dans ces dynamiques. Elle mobilise une approche en sociologie de l’action publique, attentive à la manière dont les politiques éducatives se construisent, se décident, se mettent en œuvre et aux effets qu’elles produisent.
Elle a co-dirigé la conférence internationale sur la gouvernance en éducation organisée par le CNESCO, avec pour objectif de mieux comprendre ce qu’est concrètement la mise en œuvre des politiques éducatives et quelles en sont les conditions de réussite ou d’échec.
Elle a également conduit pendant plusieurs années une recherche sur la persistance des politiques de filières en Suisse romande. Ce système, qui sépare les élèves en trois filières distinctes dès le début du secondaire (équivalent du collège), reste fortement ancré malgré les effets d’accentuation des inégalités que la recherche internationale met en évidence. Ses travaux interrogent les raisons de cette stabilité, les marges de changement possibles et les modalités concrètes de mise en œuvre de ces politiques.
Elle dirige actuellement le projet Mar-Ge (Marchés scolaires genevois), qui étudie la coexistence de l’enseignement public et privé à Genève — canton où le taux de scolarisation dans le privé est le plus élevé de Suisse (20 % contre moins de 5 % en moyenne). Le projet interroge comment ces deux secteurs sont régulés, quelles sont les logiques d’action des établissements publics et privés, et quelles stratégies les familles mettent en œuvre dans ce contexte de concurrence scolaire.
Elle débute également, avec deux collègues, une nouvelle recherche sur les effets de l’augmentation des taxes universitaires sur l’expérience des étudiant·es, en s’intéressant à la perception marchande de l’université, à la motivation et à l’investissement des étudiant·es.