Portrait de Marie-Elisabeth qui participe à la Convention citoyenne
Un regard éclairé sur l'enfance
Originaire du Congo, ayant vécu en Lorraine pendant l'éducation de ses trois enfants, Marie-Elisabeth est aujourd'hui installée en région parisienne. Mais c'est surtout la géographie actuelle de sa famille qui nourrit son regard sur les temps de l'enfant : sa fille aînée vit au Canada avec ses deux enfants, tandis que sa cadette, ostéopathe, vient d'avoir un bébé en région parisienne.
Cette dispersion familiale lui offre une perspective comparative précieuse. « Ayant une fille au Canada, je vois un peu la différence », observe-t-elle. Le contraste est particulièrement frappant sur les congés parentaux : « Aux États-Unis comme au Canada, on ne prend pas 3 mois de congé de maternité. On peut prendre 12 mois sans perdre beaucoup de son salaire. »
En France, le constat est plus difficile. Sa fille parisienne illustre ces contraintes : « Son bébé a seulement six mois mais elle a déjà commencé à reprendre le travail. » Une réalité qui résonne avec l'expérience quotidienne de nombreuses familles et qui donne tout son sens à sa participation à la Convention citoyenne.
Un besoin d’informations et d’accompagnement dans la parentalité
Pour elle, les temps de l'enfant englobent « la façon dont l'enfant passe sa journée, sa semaine et son année. Donc entre l'école, le temps passé avec la famille, le temps passé en garde et les temps de vacances ».
Sa préoccupation principale ? L'égalité : « Il y a beaucoup d'inégalités. Tous les enfants ne sont pas pris en charge de la même manière. »
Elle pointe également un manque d'information : « Beaucoup de gens ne savent pas, ne connaissent pas » les ressources disponibles comme la PMI (Protection maternelle infantile), les centres aérés ou les aides aux vacances.
Le rôle central des parents
Sa conviction profonde : « La base de l'éducation de l'enfant, c'est déjà la base familiale. J'ai l'impression qu'on veut parfois donner trop de responsabilités à l'école. Il faut que l'école fasse tout pour les enfants. » Elle regrette que « les parents soient assez distants de l'éducation de l'enfant ».
Après des études de gestion comptable et financière et une carrière de chef comptable, Marie-Elisabeth a fait le choix de devenir assistante maternelle agréée.
« Je voulais garder mes enfants à la maison. Et c’est comme ça que j’ai finalement contribué à élever plus d’une vingtaine d’enfants », explique-t-elle simplement.
Être au plus près de la réalité des familles d’aujourd’hui
Marie-Elisabeth n'hésite pas à aborder des sujets qui lui tiennent à cœur, comme la place de la spiritualité : « Il faut aussi du temps et des espaces pour pouvoir exprimer ses passions, sa spiritualité. » Pour elle, ignorer cette réalité relève de « l'hypocrisie » : « Vivons dans la réalité des choses. »
Son message est clair : pour améliorer les temps de l'enfant, il faut partir de la réalité des familles, sans rien exclure ni idéaliser, et replacer les parents au cœur du système éducatif.
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Crédits Photos : Katrin Baumann CESE