René Clarisse

Comprendre les rythmes de l'enfant avec René Clarisse

Sous-titre
Audition session 2
Chapô
La Convention citoyenne sur les temps de l’enfant mène de nombreuses auditions auprès d’experts pour décrypter l’organisation des temps de l’enfant et leurs différents rythmes. René Clarisse, Maître de conférences émérite en Psychologie, membre de l’Observatoire des rythmes et des temps de vie des enfants et des jeunes (ORTEJ), a proposé un panorama de connaissances et rapports pour comprendre les rythmes de l’enfant.
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Les « rythmes », qu’est-ce que ça veut dire ?

Lors de sa présentation, René Clarisse propose d’expliciter des travaux scientifiques qui permettent d'établir les relations entre les rythmes de l'enfant et les aménagements du temps scolaire. La question des rythmes qui connait, encore récemment, une forte médiatisation n’est pourtant pas nouvelle. En effet, le sujet des rythmes est largement documenté par des scientifiques. Deux sciences jumelles permettent d’appréhender la question des rythmes : la chronobiologie et la chronopsychologie.


🔎 La chronobiologie se propose d'étudier les variations rythmiques des fonctions biologiques, c'est par exemple l'étude du rythme journalier de la température corporelle ou du rythme cardiaque ou bien encore tout simplement le rythme veille-sommeil. On parlera donc ici de rythmes biologiques.
🔎 La chronopsychologie, quant à elle, va s'intéresser aux rythmicités du comportement, aux variations des performances. C'est le cas de l'attention, de la mémoire et, de manière générale, les fonctions exécutives, nécessaires aux apprentissages scolaires, qui varient au cours de la journée.

 

Quel impact des rythmes sur les enfants ?

René Clarisse explique que les synchroniseurs sociaux vont jouer un rôle d'entraînement ou d'altération pour les rythmes biologique et psychologiques. Si l’on prend l’exemple des enfants :
 

« Les rythmes des enfants sont non aménageables, contrairement aux aménagements du temps de l'école. »


Pour illustrer, il prend l’exemple de trois aménagements du temps scolaire qui vont montrer leurs effets différenciés sur les profils attentionnels :  l’organisation du temps sur la journée, l’organisation du temps sur la semaine, l’organisation du temps sur l’année.

 


À quel moment de la journée les enfants sont-ils davantage attentifs ?

« Pour la journée, il s'agira d'adapter les activités aux rythmes de l'enfant et du jeune. On préfèrera donc concentrer les apprentissages nouveaux ou les activités qui demandent attention et concentration entre 9h30 et 11h30 le matin, sachant que l'optimum d'attention sera en fin de matinée. Pour l'après-midi, évitons de solliciter les enfants sur des tâches exigeantes avant 15h. Les moments reconnus comme les moins favorables, tôt le matin ou en début d'après-midi, doivent être réservés à des activités familières et maîtrisées. »

René Clarisse souligne aussi qu’il faut ajuster au mieux la demande éducative et le potentiel de l'enfant en analysant la charge cognitive et émotionnelle des activités éducatives proposées.

 

Semaine de 4 jours ou 4 jours et demi ?

« On observe que les enfants de CM1 et CM2 ont de moins bonnes performances attentionnelles dans le cas où la semaine est aménagée en quatre jours, comparée à celle d'une semaine en 4 jours et demi, mercredi matin travaillé, qui présente elle-même de moins bons résultats qu'une semaine en 4 jours et demi-samedi matin travaillé. Pour les variations hebdomadaires, l'aménagement à quatre jours se révèle comme étant le moins efficient avec un déficit attentionnel en fin de semaine. »
 

Comment organiser l’année scolaire ?

« Pour l'année, on sait aujourd'hui qu'un enfant ou un adolescent, comme un adulte, ajuste son rythme veille-sommeil sur une durée de deux à quatre jours, voire une semaine. Si les petites vacances ne durent qu'une semaine, les enfants n'auront pas le temps de se reposer, il faut qu'ils oublient le rythme de l'école et qu'ils retrouvent un nouveau rythme ajusté sur les vacances. Lorsqu'il reprendra le rythme de l'école, il devra retrouver ces deux étapes : oubli du rythme des vacances et resynchronisation sur le rythme de l'école ou du collège, sans ces temps suffisants, ils vivront la période de vacances avec un moindre bénéfice de repos. »

 

Donner la possibilité de ne rien faire à l’enfant

Pour conclure, René Clarisse affirme qu’il faut favoriser l'accès à des activités éducatives accompagnées et « donner la possibilité à l'enfant de ne rien faire, de faire autrement et de faire ailleurs, ce qui permet à l'enfant de se construire et de se développer de manière harmonieuse. »

 

 

 

Cet article reprend la présentation de René Clarisse devant la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant le 4 juillet 2025. Il était auditionné sur l’état des connaissances de l’organisation des temps et des rythmes de l’enfant aux côtés de Daniel Auverlot, Président du Conseil d’Evaluation de l’Ecole et Bertrand Réau, Co-président de l’Observatoire des vacances et des loisirs des enfants des jeunes (OVLEJ).

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