Un rythme à l’école trop important qui dégrade la santé mentale des jeunes
Un travail du CESE sur la santé mentale des jeunes qui associe les enfants et les adolescents
Alexandre et Louise ont été tirés au sort parmi des associations du mouvement la « Dynamique pour les Droits des Enfants » comme APF France Handicap ou l'UNICEF France pour créer un panel de 20 jeunes afin de débattre et discuter sur la santé mentale des jeunes.
« Ce travail-là, il s'est fait comme vous, en plusieurs temps. Tout d'abord, en avril, on s'est retrouvé avec les jeunes, on a commencé à travailler sur : qu'est-ce que c'est, la santé mentale ? Comment, nous, on le perçoit, puis on a identifié les principaux obstacles qui empêchent la majorité des jeunes d'avoir une bonne santé mentale. On les a regroupés dans trois grandes thématiques qui nous semblaient les plus importantes. C'était un processus chaque fois très délibératif et participatif où tout le monde pouvait voter pour définir les thématiques et exprimer son avis. En mai, on a ensuite émis des préconisations en fonction de ces thématiques, pour faire ensuite le livrable final »
Trois thématiques prioritaires ont été identifiées par le panel de jeunes : l’environnement personnel, le système scolaire, les discriminations et le jugement.
En savoir plus sur les travaux du panel de jeune
Rythmes scolaires et santé mentale
C’est sur la thématique du système scolaire que Louise et Alexandre ont plus particulièrement travaillé.
« L'école est l'endroit où l'on passe le plus de temps quand on est enfant. Or, 26% des adolescents déclarent être souvent angoissés avant d'aller en classe. Le fait de s'y sentir mal est très mauvais pour notre santé mentale. L'école est source de stress à cause de la pression que nous mettent les professeurs, les parents et les adultes autour de nous. »
Pour les deux jeunes, les applications comme École Directe ou Pronote empêchent de déconnecter de l'école une fois l’école finie et favorisent un climat de compétition et de comparaison.

« Le rythme à l'école est beaucoup trop important. Les journées sont trop longues, la charge de travail semble insurmontable, on se retrouve avec beaucoup trop d'évaluations, des petites périodes de temps avec aucun temps libre, quasiment aucune activité extrascolaire. La majorité des jeunes se sentent épuisés par les cours et le syndrome de grande fatigue est l'élément qui est le plus ressorti de nos débats. »
Alexandre et Louise constatent que la charge des emplois du temps cause beaucoup de stress, ce qui est l'un des principaux signes de la dégradation de la santé mentale.
Quelles propositions ?
Suite à ces constats, ils ont formulé en groupe plusieurs propositions :
« Notre proposition phare consiste à adapter les emplois du temps en réduisant les temps de cours pour une meilleure concentration, un meilleur apprentissage et donc un cadre de vie amélioré. « Comment faire ça, me direz-vous ? En adaptant les emplois du temps, tout d'abord, à travers un processus délibératif et collégial entre les jeunes, les pouvoirs publics, les institutions et l'Education nationale. Cette réduction pourrait par exemple se manifester à travers des blocs de 45 minutes plutôt qu'une heure pour favoriser une meilleure concentration et un meilleur apprentissage. »
L’objectif serait de passer plus de temps sur les activités extrascolaires, améliorer le temps de sommeil et le cadre de vie des enfants et des adolescents.
Parmi les autres propositions formulées par Louise et Alexandre : placer les cours plus théoriques, comme les mathématiques et le français sur les temps du matin, et les cours plus participatifs l'après-midi, comme le sport ou les cours artistiques ; améliorer les temps de pause avec de véritables temps et espaces de repos aménagés et accessibles pour toutes et tous ; favoriser les temps sportifs de relaxation et de méditation après les repas pour favoriser une meilleure concentration en cours et un meilleur apprentissage.
Voir la vidéo de l'audition :
Un projet d'avis du CESE présenté le 14 octobre 2025
Ce dispositif de participation citoyenne a été pensé dans le cadre des travaux du CESE sur la santé mentale des jeunes. Le CESE remettra un avis qui sera présenté en séance public le mardi 14 octobre 2025 par le rapporteur du texte Helno Eyriey.
Suivre les travaux du CESE sur la santé mentale des jeunes
📷 Crédits photo : Katrin Baumann / CESE
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