Parentalité : comment mieux accompagner les parents ?
La parentalité, parent pauvre des politiques publiques
Les parents et la famille sont les premiers acteurs des temps de l'enfant. Les temps partagés entre parents et enfants sont essentiels pour répondre aux besoins affectifs et éducatifs fondamentaux de ces derniers.
Néanmoins, les citoyennes et citoyens constatent que, quel que soit le milieu géographique ou social d’origine, certains parents héritent de modèles familiaux difficiles à modifier, ou que d’autres manquent d’informations et d’accompagnement sur les besoins fondamentaux des enfants et la parentalité.
A cela s’ajoute un manque de temps et des contraintes professionnelles qui viennent bien souvent limiter la disponibilité de parents qui peinent à trouver leur place dans un quotidien surchargé. Les espaces publics sont de moins en moins adaptés aux enfants, les relais pour les parents sont rares, et les structures de soutien existantes – comme la Protection maternelle et infantile (PMI) ou l'Aide sociale à l'enfance (ASE) – manquent cruellement de moyens.
Si le soutien à la parentalité est relativement développé pour les tout-petits (0-3 ans) avec la politique des "1000 premiers jours", il devient quasi inexistant dès l'entrée à l'école maternelle. Les prestations familiales ciblent souvent des publics spécifiques, les dispositifs d'accompagnement sont méconnus, et certains parents n'osent pas demander de l'aide par crainte d'être jugés. Les inégalités touchent particulièrement les familles monoparentales – majoritairement des femmes – dont les contraintes familiales pèsent sur l'accès à l'emploi.
Accompagner les parents à tous les âges de leurs enfants
Face à ce constat, les citoyens de la Convention proposent de renforcer le cadre légal des aides à la parentalité (proposition 20). L'objectif : créer un véritable droit qui impulse un soutien national élargi et un plus vaste recours des familles aux dispositifs existants. Ce cadre légal doit rassembler l’ensemble des droits, protections et dispositifs permettant à toute personne ayant la charge d’un ou plusieurs enfants de concilier sa vie familiale et sa vie professionnelle, sociale et personnelle dans de bonnes conditions.
Ce cadre légal vise à reconnaître et à protéger le rôle des parents (ou des détenteurs de l’autorité parentale), pour répondre aux besoins éducatifs de l’enfant, aussi bien en matière de prise en charge physique (soins, protection, sécurité), que d'accompagnement affectif, éducatif, moral et social de l’enfant.
Ce droit reposerait sur plusieurs piliers :
- La généralisation du don de congés ou de repos entre collègues d’une même entreprise ou entre entreprises d’un même territoire.
- Une protection renforcée contre les discriminations dans le recours aux droits, avec une garantie que la parentalité ne puisse pas porter préjudice à la situation professionnelle, à la carrière ou à la rémunération des parents . Cette protection serait inscrite dans le droit du travail, figurerait dans les négociations annuelles obligatoires, deviendrait un indicateur nouveau dans le bilan social, et serait contrôlé par le Défenseur des droits et les organisations syndicales.
- L’établissement obligatoire d'une charte de la parentalité dans les entreprises, annexée au règlement intérieur et établie sur la base de la charte nationale qui est adressée aux entreprises et à l'ensemble des parties prenantes (DRH, syndicats, salariés, école des parents, associations).
L’amélioration du recours aux dispositifs d’aide à l’exercice de la parentalité.
« Accompagner les parents tout au long de leur parcours, à tous les âges de leurs enfants." : voilà l’objectif de cette proposition. Car valoriser et soutenir le rôle parental, c'est pour les citoyennes et citoyens investir dans la cohésion sociale et offrir à chaque enfant les conditions de son épanouissement.