Un plan de mobilité pour réduire les temps de transport des enfants
Des temps de trajet qui pèsent sur le quotidien et la santé des enfants
Les temps de transport constituent aujourd'hui une charge peu visibilisée mais considérable dans la vie quotidienne de nombreux enfants. Dans les zones rurales, montagneuses, ultramarines ou périurbaines, certains élèves passent plus de deux heures par jour dans les transports pour se rendre à l'école.
À l’inverse, dans les zones urbaines, si les réseaux de transport sont plus denses, leur coût ou leur dangerosité limitent parfois l’autonomie des enfants.
Les conséquences sont multiples : réveils très matinaux, fatigue accumulée, stress, et moins de temps pour les devoirs, les activités extrascolaires ou simplement pour jouer et se reposer. Les enfants rentrent tard, épuisés, après le périscolaire ou un trajet parfois long.
Cette situation renforce les inégalités territoriales : selon l'endroit où l'on habite, les opportunités et la qualité de vie ne sont pas les mêmes.
Les horaires des transports scolaires sont souvent davantage calés sur les contraintes des parents qui travaillent plutôt que sur les besoins des enfants.
Dans les territoires les moins bien desservis, cette dépendance à l'automobile isole encore davantage les familles qui n'ont pas de véhicule.
Comme le rappellent les ateliers territoriaux organisés par la Convention : "Les transports sont un révélateur d'inégalités territoriales" qui impactent directement le bien-être et les apprentissages des enfants.
Garantir au maximum 45 minutes de trajet
Face à ce constat, les citoyens de la Convention proposent de mettre en place un plan de mobilité jeunes obligatoire sur l'ensemble du territoire (proposition 17).
L'objectif prioritaire : garantir une durée de transport maximum de 45 minutes entre le domicile et l'établissement scolaire.
Si cela s'avère impossible, des internats subventionnés devront être proposés aux enfants concernés.
En plus de cet objectif, le plan devra :
- Proposer des horaires de trajets cohérents avec les horaires scolaires,
- Fournir des modes de transport adaptés (vélo, bus, covoiturage), en intégrant toutes les intermodalités et promouvoir les mobilités douces,
- Mettre en place un outil en ligne pour calculer son temps de trajet et vérifier la conformité du moyen de transport proposé avec les objectifs,
- Mettre en place une plateforme de partage nationale présentant les succès et les échecs des pratiques en matière de transports dans les territoires,
- Maintenir la sécurité des enfants comme une priorité, tant sur le parcours qu'au sein des véhicules,
- Garantir l'accessibilité financière, libre et pratique des transports pour tous les jeunes,
- Porter une attention particulière aux enfants en situation de handicap ainsi que ceux scolarisés dans les établissements spécifiques.
Le pilotage de ce plan serait assuré par un comité de transport regroupant parents, enfants, élus, représentants du monde éducatif et acteurs des transports, et s'organiserait à l'échelle des bassins de vie plutôt que de la carte scolaire, pour réduire au minimum les temps de trajet.
Le financement s’appuierait sur une solidarité entre les régions et/ou une part de la taxe sur les hydrocarbures.